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Mamadou est professeur en lycée technique, venu du Sénégal après le bac Hubert est musicien professionnel, né à Sarcelles en 1970. François Serre a dirigé une laiterie à Villiers-le-Bel de 1947 à 1956.
 

Mamadou est venu du Sénégal après son bac, en 1981-1982, pour étudier. Il est devenu professeur et enseigne dans un lycée technique de banlieue.




Vivre aux Carreaux


Je suis venu aux Carreaux en 1995-96, ça fait 10 ans. Quand j'ai réussi mon CAPET, j’ai été affecté par le ministère dans la région ici. J'ai commencé par le Collège Léon Blum, après je me suis retrouvé à Garges. Pourquoi? Parce que quand je suis revenu dans la région, j'habitais Paris. Mais quelqu'un qui a vécu pendant très longtemps en province, qui sait ce que c'est l'espace, la tranquillité, ne se sent pas du tout à l'aise à Paris. Habiter Paris ne me convenait pas. Et j'avais donc demandé un rendez-vous au maire de Villiers-le-Bel, à l'époque qui était Mme Raymonde Le Texier, en lui disant: Bon voilà! Je suis enseignant dans votre commune. Je souhaite avoir un appart. Et c'est par le biais de Mme Raymonde Le Texier que je me suis installé à Villiers-le-Bel. Et depuis je suis là.

 

Je me suis marié avec une Sénégalaise, ma femme est venue. Je me suis installé ici, aux Carreaux. Et depuis je suis là, depuis 1995, 1996. ça fait quasiment 10 ans. Je suis ici. Les murs sont toujours les mêmes, les murs n'ont pas changé de couleur. Aux Carreaux, c'est un gros village. On dit tout, sans pourtant vérifier ce que l'on dit. Tout se sait. Ça n'a pas changé du tout, les Carreaux. Ça fait 10 ans. Moi, les jeunes que j'ai eus au collège Léon Blum, ils sont grands, bon, ils sont partis! Leurs petits frères-là, que je côtoie tous les jours, le fonctionnement est toujours le même. La boutique de l'épicier, elle est toujours au même endroit. Raja est toujours au même endroit. Fusion est toujours dans le même local. Donc, bon. Pendant l'été on voit toujours le même type de fonctionnement. Culturellement, ça n'a pas beaucoup changé, franchement. Moi, ce n'est pas quelque chose que je ressens depuis que je suis là. Peut-être que ça va évoluer plus tard, quand nous on se dira il est temps de quitter le quartier, et que d'autres viendront, j'en sais rien. Au point de vue de la condition économique des habitants, quand tu montes sur la tour-là, et que tu siffles. Stop! Sortez tous! Quels sont ceux qui bossent ici? Aux Carreaux, il n’y en a pas beaucoup, hein. Qui ont un boulot stable, qui font vivre leur famille. Y a un taux de chômage qui est assez élevé dans le quartier, incontestablement.


 

 Dégradation, y a toujours des conneries, dégradation sur le plan des matériels, des machins qui ont été tagués, bon! Ça reste bon enfant. Des jeunes qui font des conneries. Mais c'est pas pire qu'ailleurs! Le quartier des Carreaux est l'un des quartiers les plus calmes de Villiers-le-Bel. Les jeunes sont restés toujours les mêmes. Ils ont grandi, ils ont mûri, donc les conneries qu'ils faisaient, ils ne les font pas. Je pense que ces jeunes-là reprennent un tout petit peu le dessus sur les petits frères. J'en vois, des jeunes que j'ai eus au collège Léon Blum, des jeunes qui ont aujourd'hui 25-26 ans, et je les ai vus reprendre le petit frère en train de faire une connerie, de faire une bêtise, et ça c'est quelque chose de louable. Même si le grand frère ne travaille pas et qu'il est au chômage, et qu'on le voit traîner dans le quartier, je pense qu'il y a peut-être une petite prise de conscience de ce côté-là. 


Je souhaiterais qu'on parle aussi des gens qui réussissent, qu'on arrête de montrer le visage négatif des banlieues. J'ai remarqué que ceux qui réussissent haut la main sont souvent issus des quartiers populaires, ou que les parents étaient très modestes.


J'aime bien cette vie de banlieue où on a des gens issus de pays complètement différents. Le cosmopolitisme comme on dit, j'aime bien ça. Et ça, ça me fait vivre. Le fait d'aller ailleurs, ne plus retrouver cette vie-là, me rendrait malheureux. Je me sens bien à l'aise, comme ça, entre l'Inde, en passant par le Pakistan, jusqu'en … , par la Bosnie, en revenant par l'Afrique noire, l'Afrique du Sud, l'Afrique du Nord, jusqu'en France, toute cultures confrontées, moi, me fait vivre. J'aime ça, j'adore ça. Je suis là.