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Mamadou
est venu du Sénégal après son bac, en
1981-1982, pour étudier. Il est devenu
professeur et enseigne dans un lycée technique de banlieue.
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Vivre aux
Carreaux
Je suis
venu aux Carreaux en 1995-96, ça fait 10 ans. Quand j'ai
réussi mon CAPET, j’ai
été affecté par le
ministère dans la région ici. J'ai
commencé par le Collège
Léon Blum, après je me suis retrouvé
à Garges. Pourquoi? Parce que quand je
suis revenu dans la région, j'habitais Paris. Mais quelqu'un
qui a vécu pendant
très longtemps en province, qui sait ce que c'est l'espace,
la tranquillité, ne
se sent pas du tout à l'aise à Paris. Habiter
Paris ne me convenait pas. Et
j'avais donc demandé un rendez-vous au maire de
Villiers-le-Bel, à l'époque qui
était Mme Raymonde Le Texier, en lui disant: Bon
voilà! Je suis enseignant dans
votre commune. Je souhaite avoir un appart. Et c'est par le biais de
Mme
Raymonde Le Texier que je me suis installé à
Villiers-le-Bel. Et depuis je suis
là.
Je me suis
marié avec une Sénégalaise, ma femme
est venue. Je me suis installé ici, aux
Carreaux. Et depuis je suis là, depuis 1995, 1996.
ça fait quasiment 10 ans. Je
suis ici. Les murs sont toujours les mêmes, les murs n'ont
pas changé de
couleur. Aux Carreaux, c'est un gros village. On dit tout, sans
pourtant vérifier
ce que l'on dit. Tout se sait. Ça n'a pas changé
du tout, les Carreaux. Ça fait
10 ans. Moi, les jeunes que j'ai eus au collège
Léon Blum, ils sont grands,
bon, ils sont partis! Leurs petits frères-là, que
je côtoie tous les jours, le
fonctionnement est toujours le même. La boutique de
l'épicier,
elle est toujours
au même endroit. Raja est toujours au même endroit.
Fusion est toujours dans le
même local. Donc, bon. Pendant l'été on
voit toujours le même type de
fonctionnement. Culturellement, ça n'a pas beaucoup
changé, franchement. Moi,
ce n'est pas quelque chose que je ressens depuis que je suis
là. Peut-être que
ça va évoluer plus tard, quand nous on se dira il
est temps de quitter le
quartier, et que d'autres viendront, j'en sais rien. Au point de vue de
la
condition économique des habitants, quand tu montes sur la
tour-là, et que tu
siffles. Stop! Sortez tous! Quels sont ceux qui bossent ici? Aux
Carreaux, il
n’y en a pas beaucoup, hein. Qui ont un boulot stable, qui
font vivre leur
famille. Y a un taux de chômage qui est assez
élevé dans le quartier, incontestablement.

Dégradation, y a
toujours des conneries,
dégradation sur le plan des matériels, des
machins qui ont été tagués, bon!
Ça
reste bon enfant. Des jeunes qui font des conneries. Mais c'est pas
pire
qu'ailleurs! Le quartier des Carreaux est l'un des quartiers les plus
calmes de
Villiers-le-Bel. Les jeunes sont restés toujours les
mêmes. Ils ont grandi, ils
ont mûri, donc les conneries qu'ils faisaient, ils ne les
font pas. Je pense
que ces jeunes-là reprennent un tout petit peu le dessus sur
les petits frères.
J'en vois, des jeunes que j'ai eus au collège
Léon Blum, des jeunes qui ont
aujourd'hui 25-26 ans, et je les ai vus reprendre le petit
frère en train de
faire une connerie, de faire une bêtise, et ça
c'est quelque chose de louable.
Même si le grand frère ne travaille pas et qu'il
est au chômage, et qu'on le
voit traîner dans le quartier, je pense qu'il y a
peut-être une petite prise de
conscience de ce côté-là.
Je
souhaiterais qu'on parle aussi des gens qui réussissent,
qu'on arrête de
montrer le visage négatif des banlieues. J'ai
remarqué que ceux qui réussissent
haut la main sont souvent issus des quartiers populaires, ou que les
parents
étaient très modestes.
J'aime bien
cette vie de banlieue où on a des gens
issus de pays complètement différents. Le
cosmopolitisme comme on dit, j'aime
bien ça. Et ça, ça me fait vivre. Le
fait d'aller ailleurs, ne plus retrouver
cette vie-là, me rendrait malheureux. Je me sens bien
à l'aise, comme ça, entre
l'Inde, en passant par le Pakistan, jusqu'en … , par la Bosnie,
en revenant par
l'Afrique noire, l'Afrique du Sud, l'Afrique du Nord, jusqu'en France,
toute
cultures confrontées, moi, me fait vivre. J'aime
ça, j'adore ça. Je suis là.
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