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Mamadou
est venu du Sénégal après son bac, en
1981-1982, pour étudier. Il est devenu
professeur et enseigne dans un lycée technique de banlieue.
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Education
familiale
Mon
père
est couturier à Dakar. Ma mère est sans
profession, elle s'occupait de la
famille. Mon père qui va au boulot, qui rentre. On n'est ni
deux, ni trois, on
est plus de dix à la maison. Et pourtant, chacun de nous...
J'ai un frère qui a
réussi, qui est docteur, qui est en Italie, et qui travaille
dans la région du
Nord en Italie, qui a d'ailleurs un poste de responsabilité.
J'ai un autre
frère qui est chirurgien dentiste, qui vit au pays. J'ai un
autre frère qui a
un DEA d'économie, qui travaille au
Sénégal. Tous comme ça, on a
réussi quelque
part. En fait, la réussite de quelqu'un ne dépend
pas forcément des parents, ça
dépend de la volonté de l'enfant. Parce que,
quand un enfant aime apprendre, si
on ne lui occulte pas cela, il réussira
forcément, parce qu'il a la soif
d'aller de l'avant.
Quand
j'étais à l'école primaire, ma
mère, qui ne sait ni lire, ni écrire, me disait:
"Mais Mamadou, tu as appris tes leçons?" Je lui disais: "Oui
Maman, j'ai appris", parce que j'étais pressé
d'aller jouer au foot. Elle
me disait: "Viens! Je vais vérifier si tu as appris ta
leçon!" Elle
prenait mon cahier, sachant que elle, elle ne sait ni lire ni
écrire, elle me
dit: "Maintenant récite ta leçon!" Et j'avais
intérêt à réciter la
leçon sans pourtant m'arrêter. Si je
m'arrêtais, je me prenais une de ces
volées comme pas possible! Déjà c'est
une source de vérification! J'étais
allé!
Je pouvais raconter n'importe quoi. Elle m'aurait donné le
cahier. Mais je
n'avais pas intérêt. Parce qu'elle avait toujours
le moyen d'appeler le fils du
voisin, qui était à l'école en disant:
Est-ce qu'il a appris sa leçon ou pas?
Quand
j’étais au Sénégal
à l’école primaire, même au
lycée,
quand il n'y avait pas école, quand il y avait les vacances,
je ne partais pas,
je restais, je restais dans la cellule familiale,
c’est-à-dire que j’avais cet
espace de liberté, la plage était à
peu près à 1,5
kilomètre de moi,
avec des terrains de foot, donc je m’épanouissais
comme ça. J’allais au
village, dans un temps, aider les grands frères de mon
père qui avaient des
hectares et des hectares de champs, mais après je revenais
à Dakar, la
capitale.
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