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François Serre a dirigé une laiterie à Villiers-le-Bel de 1947 à 1956.
 

Mamadou est venu du Sénégal après son bac, en 1981-1982, pour étudier. Il est devenu professeur et enseigne dans un lycée technique de banlieue.




Education familiale


Mon père est couturier à Dakar. Ma mère est sans profession, elle s'occupait de la famille. Mon père qui va au boulot, qui rentre. On n'est ni deux, ni trois, on est plus de dix à la maison. Et pourtant, chacun de nous... J'ai un frère qui a réussi, qui est docteur, qui est en Italie, et qui travaille dans la région du Nord en Italie, qui a d'ailleurs un poste de responsabilité. J'ai un autre frère qui est chirurgien dentiste, qui vit au pays. J'ai un autre frère qui a un DEA d'économie, qui travaille au Sénégal. Tous comme ça, on a réussi quelque part. En fait, la réussite de quelqu'un ne dépend pas forcément des parents, ça dépend de la volonté de l'enfant. Parce que, quand un enfant aime apprendre, si on ne lui occulte pas cela, il réussira forcément, parce qu'il a la soif d'aller de l'avant.

 

Quand j'étais à l'école primaire, ma mère, qui ne sait ni lire, ni écrire, me disait: "Mais Mamadou, tu as appris tes leçons?" Je lui disais: "Oui Maman, j'ai appris", parce que j'étais pressé d'aller jouer au foot. Elle me disait: "Viens! Je vais vérifier si tu as appris ta leçon!" Elle prenait mon cahier, sachant que elle, elle ne sait ni lire ni écrire, elle me dit: "Maintenant récite ta leçon!" Et j'avais intérêt à réciter la leçon sans pourtant m'arrêter. Si je m'arrêtais, je me prenais une de ces volées comme pas possible! Déjà c'est une source de vérification! J'étais allé! Je pouvais raconter n'importe quoi. Elle m'aurait donné le cahier. Mais je n'avais pas intérêt. Parce qu'elle avait toujours le moyen d'appeler le fils du voisin, qui était à l'école en disant: Est-ce qu'il a appris sa leçon ou pas?



Quand j’étais au Sénégal à l’école primaire, même au lycée, quand il n'y avait pas école, quand il y avait les vacances, je ne partais pas, je restais, je restais dans la cellule familiale, c’est-à-dire que j’avais cet espace de liberté, la plage était à peu près à 1,5 kilomètre de moi, avec des terrains de foot, donc je m’épanouissais comme ça. J’allais au village, dans un temps, aider les grands frères de mon père qui avaient des hectares et des hectares de champs, mais après je revenais à Dakar, la capitale.