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Mamadou
est venu du Sénégal après son bac, en
1981-1982, pour étudier. Il est devenu
professeur et enseigne dans un lycée technique de banlieue.
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Conseiller
municipal
Lors des
dernières élections, j'ai
été approché par
Barthélémy, qui est d'origine africaine, qui fait
partie du conseil municipal,
qui en était à son deuxième mandat,
son troisième mandat maintenant, qui m'a
dit: On est en train de chercher des gens pour faire partie de la
liste. Est-ce
que vraiment ça t'intéresserait? ... ainsi de
suite... J'ai dit: Oui, mais
pourquoi pas? ça me permet, moi, de faire... de m'impliquer
dans la vie locale.
Ce qui est important. Parce que quand on vit quelque part, il faut
qu'on
s'implique aussi. Sinon, on dira que vous n'êtes
pas intégrés. On
essaie de vous intégrer mais vous refusez. Donc j'ai dit
oui, et puis j'ai
rencontré le maire, j'ai rencontré la
communauté africaine, parce
que... Bon, nous aussi, on fonctionne comme ça,
c'est-à-dire, voilà, on veut
telle personne qui fasse partie de la liste, mais qu'est-ce que vous en
pensez?
On discute avec les uns et les autres, des anciens, et puis
voilà! Donc, je me
suis retrouvé comme ça, dedans, j'ai
été élu, et puis voilà.

Et je suis
très content d'ailleurs de faire partie de ce
conseil municipal, ça
m'a permis d'apprendre beaucoup de choses, relations envers les gens,
relations
envers l'autorité, enfin quand je dis l'autorité,
c'est pas forcément la
police, ou la gendarmerie, ou la justice. L'autorité, je
veux dire le maire, voilà
il va t'expliquer: ici, cette commune-là, elle est
gérée comme ça. Il y a des
choses que vous, quand vous êtes dehors, vous ne comprenez
pas. Moi, ça m'a
permis de comprendre ça, ça m'a permis de
comprendre comment fonctionne
exactement un conseil municipal, une commune.
Quoi que l'on
puisse dire, l'étranger aussi il faut qu'il se pose des
questions. Tu ne peux
pas te dire: je vis ici, mais je ne veux pas faire partie de
là-dedans. Non.
Faut savoir ce qu'on veut. OK. Je vis à Villiers-le-Bel.
Quand on me dit: Voilà
le conseil municipal. Est-ce que tu veux en faire partie? Mais je vois
pas
pourquoi je vais dire non!
Puisqu'on
me tend la main. On me dit: Viens faire partie de nous, maintenant dans
la
commune où tu habites et tu participeras à la
manière de ceux qui décident, à
la manière dont on gère cette
commune-là. je ne dirai pas non. J'ai des enfants
qui sont nés là. Qui sont nés
à Villiers-le-Bel. Oui. Je fais partie des
conseils d'école par exemple. Je fais partie des parents
d'élèves, parce que ça
me concerne, parce que j'ai des enfants qui y sont. c'est une
manière de participer.
Démocratie participative, tu sais. Du moins on le dit, mais
bon... La vie
locale est beaucoup plus importante que même la vie
nationale, parce que ceux
qui sont au pouvoir, les ministres là, sur le plan national,
ils décident. Bon,
on n'est pas très proche de ces gens-là. Mais on
peut être très proche d'un
maire, parce qu'on peut l'interpeller. Dire: Mais attends! Je prends
rendez-vous avec le maire. Mais il vous reçoit, il vous
écoute! Et ça, c'est
vachement important. Quand il y a des décisions à
prendre, il y a une
consultation qui est faite, ça c'est important.
Moi,
ça me
fait penser au système africain: l'arbre à
palabres, où quand il y a une
décision à prendre, tout le monde se met autour
de l'arbre, tout le monde est
assis. Le chef de village qui parle, parce qu'il est élu,
c'est un ancien. Il
va dire: Voilà, on va faire telle ou telle chose. Chacun
donne son avis et puis
on entérine la décision, terminé! Sauf
que ce n'est pas écrit, et tout le monde
respecte. ça me fait penser à ça!
Quand je vais dans des commissions, mais
c'est comme si j'allais sous l'arbre à palabres. On parle,
on discute, puis
bon, on essaye de trouver une solution. Je ne dirai pas que toutes les
solutions sont les bonnes. Mais on peut trouver la solution Et puis on
entérine
la solution. Et puis il faut que tout le monde s'aligne dessus. parce
que s'il
s'agit de dire qu'il y a quelqu'un qui est d'accord, que les autres ne
le sont
pas, qu'on se déchire, ce n'est pas la peine. C'est une
manière aussi de dire:
Ben voilà! Moi je suis intégré et je
fais partie aussi de la vie locale. Parce
que la communauté à un moment donné a
dit que: Bon, Mamadou, tu peux y aller,
on te fait confiance.
Quand j'ai des
choses à dire, j'y vais
de bon coeur, et je
vais les dire d'ailleurs de manière très ferme,
même si après, je vais dire,
c'est le conseil, de toute façon, ça va passer,
mais bon, je donne une position
très ferme. Mais je suis pas d'accord parce que ...
J'argumente. Mais s'il faut
dire je ne suis pas d'accord pour le simple plaisir de le dire, ce
n'est pas la
peine.
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