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François Serre
a habité à Villiers-le-Bel pendant 9
ans, de 1947 à 1956. Il y dirigeait une laiterie.
Il avait raconté sa vie à Jacques
Mallouet,
qui en a fait un livre.
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La laiterie de
Villiers-le-Bel
En 1947, les affaires
reprennent : le mode de livraison a
changé, le lait n’est plus distribué
à la mesure, mais mis dans une bouteille
en verre.
La crèmerie
d’Epinay est trop petite, il trouve un local
couvert de 1200
m²,
à Villiers-le-Bel.
En 1950, il construit une
usine de pasteurisation. 25000
bouteilles sont journellement traitées et
entreposées dans une chambre froide,
jusqu’à leur distribution qui commence
à minuit, avec 6 camions qui rayonnent
sur le département de la Seine.
Les nuits de
François sont blanches, et prospères ses
affaires. Les grosses sociétés
laitières ne voient pas cet essor d’un bon
œil.
Qui est donc ce péquenot auvergnat qui a le toupet de
chasser sur leurs
terres ? Lui tordre prestement le cou est devenu urgent. Une
sournoise
guerre commerciale débute. Les vexations commencent.
Contrôles et prélèvements
pleuvent sur l’entreprise Serre. Rien à redire. Le
lait est de qualité, son
traitement et sa conservation n’appellent aucune critique.
Un jour il
reçoit de la Préfecture de
Versailles l’interdiction de faire passer ses camions sur les
territoires de
Pierrefitte et de Saint-Denis. Pendant une semaine,
l’itinéraire des camions
passe par Montmorency, Enghien et Argenteuil. Après de
longues et vives discussions,
la libre circulation des camions est rétablie.

Un comice agricole est
créé à Sarcelles. M. Lamarre,
président de la Fédération
des maraîchers de France est président. M.
Chaudet, secrétaire, François Serre,
trésorier.
Une exposition est mise
sur pied et se déroule au début de
septembre, pendant quatre jours. François a
installé un stand de dégustation
gratuite de lait glacé, aromatisé à la
fraise, au citron, et aussi à la liqueur
Marie-Brizard. Il présente ses échantillons dans
de petites bouteilles fermées
par une capsule d’aluminium d’un rouge coruscant.
Auparavant il a fait imprimer
et distribuer dans les habitations et les écoles, des
prospectus vantant ses
produits.
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la vache est en contreplaqué |
Le succès est
foudroyant. Les visiteurs affluent. Les
écoliers doivent se contenter du lait sucré, les
adultes préfèrent la pointe
d’alcool. Tous goûtent, en redemandent. La fameuse
capsule rouge les a attirés,
comme la lumière allèche les papillons de nuit.
Les ventes atteignent des
proportions inespérées. La laiterie du Beaulieu
est désormais célèbre.
François
emploie 18 employés, dont 6 livreurs, à bord de
six
camions, et un septième en dépannage.
Ayant refusé
l’offre d’achat faite par une banque parce que
son fils lui disait vouloir continuer l’affaire, il se
retrouve dans une
mauvaise position quand celui-ci se désiste.
Sa laiterie est reprise
en gérance par une société
malhonnête. Serre se fait avoir à cause
d’avocats véreux.
Il part de
Villiers-le-Bel tenir un bistrot à Paris,
puis retourne dans son village pour la retraite.
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