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Mamadou
est venu du Sénégal après son bac, en
1981-1982, pour étudier. Il est devenu
professeur et enseigne dans un lycée technique de banlieue.
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Je
suis né et j’ai grandi au
Sénégal. Après le bac, je suis venu
étudier en
France. J’ai commencé à enseigner tout
en poursuivant mes études. Finalement je
suis devenu professeur, et je suis resté en France.
Après avoir travaillé dans
l’Est et dans le Sud-Ouest, je suis venu en banlieue
parisienne, et j’habite à
Villiers-le-Bel.
Apprendre
aux jeunes de nos quartiers me plaît, aider des
élèves issus de familles très
très modestes à aller vers la
réussite. Quand ils reviennent nous voir pour
dire : Voilà, j’ai fait telle ou telle
chose, c’est notre récompense.
Et
je n’ai pas envie d’aller ailleurs. J'aime bien
cette vie de banlieue où on a
des gens issus de pays complètement différents.
Le cosmopolitisme comme on dit,
j'aime bien ça. Il y a beaucoup de positif ici, mais on
n’en parle jamais.
Mes
enfants ils sont nés ici, ils grandissent ici,
de jeunes Noirs, ils sont
Français.
Si
on ne leur dit pas toujours qu’ils ne sont pas
intégrés. Qu’est-ce que ça
veut
dire être intégré ? Mon
père s’est battu pour la France.
Mais quand j’entends
des choses, ça m’écœure. Il
ne faut pas s’appeler Mamadou ou Abdel, ou Fatima
ou Mohamed.
Mais
j’aime la République, la France.
Il
faut que les gens qui disent que nous ne sommes pas
intégrés se rendent compte
de ça. Est-ce qu'intégré ça
veut dire « quand je suis dehors, je fais
comme ce que les autres font, et que quand je rentre chez moi, je vis
ma propre
culture »? Si c'est ça, être
intégré, oui, je suis
intégré. Je vis ma
propre culture chez moi, je mange avec mes doigts. On met l'assiette
par terre,
et puis bon, on mange dans la même assiette avec tout le
monde. Chez moi, je me
mets en boubou. Quand je sors, quand je vais au restaurant avec des
collègues je
prends ma fourchette. Et je parle français. Mais que l'on ne
me dise pas, chez
moi, là où je vis, et que je gère moi,
tout seul, que l'on ne me dise pas:
"Un vrai Français doit se comporter comme ça!" Si
la personne qui est
en face pense toujours que je ne suis pas
intégré, de sa façon, je ne trouverai
jamais ma place dans cette société. Et
qu’on ne parle pas du côté positif de la
colonisation !
Quand
on m’a proposé de faire partie du conseil
municipal, j’ai consulté mes amis, et
j’ai accepté. Et j’en suis content,
ça m’a permis d’apprendre beaucoup de
choses. Et je participe aux discussions, comme dans le
système africain,
l’arbre à palabres. C’est en
fonctionnant comme ça que les choses peuvent
progresser.
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aux développements
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