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Hubert est né
à Sarcelles en 1970. Il est musicien
professionnel, mais a aussi connu pas mal de petits boulots.
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Je
suis né à Sarcelles en 1970. Au
collège, on a eu
deux
professeurs absolument incroyables, une professeur de
musique et une professeur d’arts plastiques, qui
montaient chaque année un spectacle, avec tous les
élèves et les proches, qui voulaient
s’y
investir, musicalement, dans l’écriture des
textes, dans
les
chorégraphies, dans les décors. Elles nous
encadraient avec une énergie et une foi
que je n’ai jamais retrouvées, jamais revues, et
ça a été des années
d'éveil
artistique superbes. C’est
à cause de cela que je suis directement
allé m’inscrire au
Conservatoire dès la 5°.
Après,
le lycée, ça a été la grande
broyeuse, j’ai
eu un ras le bol, j’ai dit à
mes parents : Je stoppe l’école, je vais
chercher du boulot, moi, ce que je veux faire c’est de la
musique.
Il
fallait que
j’achète une batterie. Donc j’ai
bossé un an, j’ai été
bosser à 2 heures de train d’ici, j’ai
été me payer mon instrument au bout
d’un
an. Je bossais, une fameuse chaîne de magasins, on
déchargeait nous-mêmes nos produits,
c’était le seul secteur où on avait
cette responsabilité, on déchargeait nos
produits. On les mettait nous-mêmes dans des
espèces de cages, c’était des
cages carrément, on les stockait nous-mêmes, on
faisait les comptes nous-mêmes,
enfin, on était complètement autonomes, mais sous
très haute surveillance.
Donc moi,
j’ai quitté ma boîte, j’ai
installé ma petite batterie chez
moi, je continuais le
Conservatoire et puis petit à petit, j’ai
commencé à jouer avec des
gens, j’ai monté un petit groupe, on a
commencé des formations
éphémères, on
teste nos armes, on va jouer dans des clubs à Paris, alors,
c’est même pas des
clubs, c’est des caves, où il y a dix personnes,
serrées dans l’humidité, comme
ça.
Donc
c’était une période où
j’expérimentais tout, où je jouais,
j’essayais de jouer de tout, et où surtout,
je passais énormément de temps sur mon
instrument. C’est-à-dire que le
Conservatoire était ouvert à ceux qui y allaient
et alors moi, qu’il pleuve,
qu’il vente, j’y passais des journées
entières si je pouvais, le samedi
c’était
libre, j’y passais les journées
entières.
Et puis je
jouais, tout le temps,
tout le temps, tout le temps, tout le temps. Donc ces
années-là sont
passées. C’est
sûrement une des périodes les plus
agréables, parce que j’ai joué,
j’ai beaucoup joué, beaucoup, beaucoup
joué.
C’était du plaisir, c’était
pas
encore un métier, il y avait pas encore de contrainte, et
c’était que du
plaisir, que du jeu. Et après bon, ben, après
à partir du
moment que tu structures, que tu dois en vivre…
C’est plus
compliqué.
Après le service
militaire, c'est
là qu'en
musique j'ai mis le pied dans des
choses un petit peu plus concrètes, c'est à dire
que j'ai commencé à intégrer
des groupes qui se formaient. A cette
époque, il y avait des vagues de
musique, des vagues comme y en a toujours eu, et à
l'époque, c'était les
musiques dites de groove, l'acid jazz, ... le hip hop commençait à être mûr au
niveau de la notoriété, tout ça, puis
on avait
d'autres courants, acid jazz, world music, tout ça, donc
là j'ai commencé à
intégrer des groupes qui essayaient de suivre la mouvance,
avec des gars plus
ou moins opportunistes.
C’est
aussi à cet époque que je suis
parti de chez moi.
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