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Mamadou est professeur en lycée technique, venu du Sénégal après le bac Hubert est musicien professionnel, né à Sarcelles en 1970. François Serre a dirigé une laiterie à Villiers-le-Bel de 1947 à 1956.
 

Hubert est né à Sarcelles en 1970. Il est  musicien professionnel, mais a aussi connu pas mal de petits boulots.




Je suis né à Sarcelles en 1970. Au collège, on a eu deux professeurs absolument incroyables, une professeur de musique et une professeur  d’arts plastiques, qui montaient chaque année un spectacle, avec tous les élèves et les proches, qui voulaient s’y investir, musicalement, dans l’écriture des textes, dans les chorégraphies, dans les décors. Elles nous encadraient avec une énergie et une foi que je n’ai jamais retrouvées, jamais revues, et ça a été des années d'éveil artistique superbes. C’est à cause de cela que je suis directement allé m’inscrire au Conservatoire dès la 5°.

Après, le lycée, ça a été la grande broyeuse, j’ai eu un ras le bol, j’ai dit à mes parents : Je stoppe l’école, je vais chercher du boulot, moi, ce que je veux faire c’est de la musique.

Il fallait que j’achète une batterie. Donc j’ai bossé un an, j’ai été bosser à 2 heures de train d’ici, j’ai été me payer mon instrument au bout d’un an. Je bossais, une fameuse chaîne de magasins, on déchargeait nous-mêmes nos produits, c’était le seul secteur où on avait cette responsabilité, on déchargeait nos produits. On les mettait nous-mêmes dans des espèces de cages, c’était des cages carrément, on les stockait nous-mêmes, on faisait les comptes nous-mêmes, enfin, on était complètement autonomes, mais sous très haute surveillance.

Donc moi, j’ai quitté ma boîte, j’ai installé ma petite batterie chez moi, je continuais le Conservatoire et puis petit à petit, j’ai commencé à jouer avec des gens, j’ai monté un petit groupe, on a commencé des formations éphémères, on teste nos armes, on va jouer dans des clubs à Paris, alors, c’est même pas des clubs, c’est des caves, où il y a dix personnes, serrées dans l’humidité, comme ça.

Donc c’était une période où j’expérimentais tout, où je jouais, j’essayais de jouer de tout, et où surtout, je passais énormément de temps sur mon instrument. C’est-à-dire que le Conservatoire était ouvert à ceux qui y allaient et alors moi, qu’il pleuve, qu’il vente, j’y passais des journées entières si je pouvais, le samedi c’était libre, j’y passais les journées entières.
Et puis je jouais, tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Donc ces années-là sont passées. C’est sûrement une des périodes les plus agréables, parce que j’ai joué, j’ai beaucoup joué, beaucoup, beaucoup joué.  C’était du plaisir, c’était pas encore un métier, il y avait pas encore de contrainte, et c’était que du plaisir, que du jeu. Et après bon, ben, après à partir du moment que tu structures, que tu dois en vivre… C’est plus compliqué. 

Après le service  militaire, c'est là qu'en musique  j'ai mis le pied dans des choses un petit peu plus concrètes, c'est à dire que j'ai commencé à intégrer des groupes qui se formaient. A cette époque, il y avait des vagues de musique, des vagues comme y en a toujours eu, et à l'époque, c'était les musiques dites de groove, l'acid jazz, ... le hip hop commençait à être mûr au niveau de la notoriété, tout ça, puis on avait d'autres courants, acid jazz, world music, tout ça, donc là j'ai commencé à intégrer des groupes qui essayaient de suivre la mouvance, avec des gars plus ou moins opportunistes.


C’est aussi à cet époque que je suis parti de chez moi.



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