Le « CHANTIER D’ACTEURS » - Octobre 1999 / Juin 2002

 

Description : Nos spectacles ne sont pas l'aboutissement d'un enseignement, ils sont l'aboutissement d'un parcours collectif. Il nous semble essentiel d'ouvrir cette pratique à une demande émergente.

Notre ambition est de proposer aux participants un cheminement qui les amène à être acteur, dans le sens d'être partie-prenante. Un chemin qui leur permette de découvrir que les textes, les écritures, l'improvisation sont des moyens de compréhension, de construction de la personne. Un parcours qui les aide à devenir les "maîtres d'œuvre de leur petit chantier".

Nous affirmons par le "Chantier d'Acteurs", notre volonté d'ancrer un travail culturel dans une structure à vocation sociale. En cherchant à fertiliser une demande existante, en métissant les pratiques culturelles d'un public parfois en marge de la culture officielle, on peut contribuer à susciter du désir vers ce qui s'appelle, tout simplement, la culture.

 

Forme et fréquence : ateliers hebdomadaires de trois heures, avec une session ouverte au public. Tout public à partir de 13 ans.

 

Résultats :

Le public initialement ciblé était un tout public au-delà de 13 ans. Un groupe d’habitants non captif. Un public intergénérationnel, divers dans ses origines culturelles. Adolescents et jeunes adultes 15-21 ans. Effectif très fluctuant en fonction de déménagements intervenus en cours d’année. Quelques dizaines de personnes lors de la répétition publique.

 

Dans le chantier d’acteur nous avons, avant tout, abordé le théâtre par le biais du texte. Cette investigation fut une première mise à l’épreuve. Certain étaient en contact pour la première fois avec un écrit théâtral. Ces explorations du sens ont été facilitées par la qualité des relations humaines qui se sont établies entre des personnes de maturité différente. Leurs choix des matériaux à travailler sont allés vers des auteurs contemporains : «La demande en mariage» Anton TCHEKHOV, «Gauche uppercut» Joël JOUANNEAU, «L’œil le plus bleu» Tony MORRISON, «Pièces de guerre» Edward BOND. La plongée dans l’écriture, celle d’un auteur, était un défi audacieux à relever avec les plus jeunes. Contrairement au «zapping» habituellement pratiqué, un jeu de patience dans un temps en «suspension» les amena à de multiples et profondes interrogations. L’implicite nécessité de se positionner, d’avoir quelque chose à dire, de confronter des points de vue pour tenter de rendre apparent ce qui se joue entre les mots, fut donnée comme règle. Arriver, enfin, à transposer la situation du papier dans l’espace fut proposé comme but. Ce fut, pendant 3 ans, un parcours réalisé par des personnes d’âges et d’horizons divers, réunies par des désirs individuels. De cette confrontation émergea des esquisses suffisamment pertinentes pour être, à leur tour, confrontées au regard du public. Cette démarche inhabituelle pour tous, d’un «travail en cours donné à voir», nécessita beaucoup d’humilité de la part du groupe pour conserver la cohérence de la démarche. Pas de place à la starisation. L’importance de leur parcours individuel et collectif a été restituée et a permis une rencontre avec le public, attendue et redoutée.

 

Difficultés rencontrées : Difficultés à faire passer l’information par l’accueil des Maisons de

Quartier. Effectif devant se développer.

 

Cette expérience de pratiques théâtrales implantées en proximité de quartiers dits difficiles, néanmoins potentiellement intéressés voire demandeurs, nous parait avoir son son utilité sociale, mais faute de pérennisation de son financement, elle a dû se terminer en juin 2002.

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